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Objectif n° 6 : Besoin de séduire et d’être séduit

Vous souvenez-vous de l’époque où vous avez rencontré votre conjoint ? C’était magique, ça sentait bon le sable chaud. Mais tout était-il spontané ? Pour le premier dîner, vous êtes-vous contenté de démouler une paire d’Irrésistibols de Maggi ? Tous les combiens allez-vous vous faire épiler chez l’esthéticienne ?

Vous voyez bien où nous voulons en venir. À la préhistoire de votre belle histoire, vous faisiez des efforts. Pour séduire la partie adverse, il fallait mettre les petits plats dans les grands, essayer d’anticiper ses envies, le surprendre et ne jamais avouer que ce soir-là, plutôt que de se faire des tagliatelles au pesto dans le blanc de l’œil, vous auriez bien zappé un coup sur la finale de la coupe d’Europe. Vous deviez passer pour quelqu’un d’attentionné, exquis, toujours prêt au sacrifice, parfumé de l’intérieur à la vanille des îles. Un Pouss-mouss humain élevé comme un milord. Quelque chose qui n’existe pas. Un ami qui savait parler des femmes nous a dit un jour « les jolies filles ne font jamais caca ». Je vous accorde qu’on est à deux doigts de l’atroce, néanmoins, cet ami ne pouvait décrire avec plus de justesse la phase de la séduction amoureuse. On se fait passer pour un autre jusqu’à signature d’un bail pour l’éternité, et retour des mollets hirsutes ou des aisselles pas nettes.

Dix ans plus tard, vous en avez traversé des choses avec le conjoint. La complicité s’est renforcée, la discipline s’est relâchée. Petit à petit une scission se crée dans votre esprit. D’un côté, ma petite fleur des îles (avec parfois des aisselles pas nettes), de l’autre côté Laetitia Casta. Toujours à quatre épingles, peut-être retouchée en numérique de partout, mais typiquement la fille qu’on considère comme le summum de la séduction.

Viva Laetitia

Vous pourriez bien faire des efforts à la maison, et demander à votre moitié d’en faire également. On ne vous demande pas de passer le nœud pap’ chaque fois que vous vous faites un jambon-purée, juste d’avoir les petites attentions qui font que l’autre sait que vous tenez à le séduire. Malheureusement, en la matière, il est plus facile de construire sur du neuf. Direction la salle de repos de l’hosto, où vous faites rimer nouveauté et haleine veloutée. Vous sortez votre plus belle chemise, et faute de Laetitia Casta, c’est l’anesthésiste qui vous regarde d’un œil neuf. Ça a beau ne pas être un top model, elle est quand même allée une ou deux fois en vacances en Corse, ce qui est déjà un début de point commun avec votre cible idéale. Non seulement vous redécouvrez le plaisir d’essayer d’obtenir quelque chose d’incertain (les faveurs d’un tiers), mais en plus, vous réalisez que des petits regards bienveillants comme le coup de la chemise, cela fait bien longtemps que vous n’en aviez pas eu à la maison, où on vous accuse toujours de vous habiller comme « un homme qui n’a pas de femme ». Flatté, vous vous prendriez presque pour un tombeur, vous volez à 5 mètres du sol. Vous voulez aimer et être aimé avec la force des premiers instants. Vous faites des tentatives de pulvérisation de compliments par-ci par-là. Un « tiens, t’as changé de coupe, ça te va bien comme ça » dans l’ascenseur, un « mais qu’est-ce que tu as minci » au local photocopieuse. Peu importe que ces compliments ne soient que vaguement inspirés de faits réels, ce qui compte, c’est de les faire. Ils sont toujours appréciés, et on se voit complimenté en retour. C’est la première étape du retour de la séduction. Votre officiel n’a plus qu’à bien se tenir.

« En amour, on est tout d’abord un grand quotidien, puis un petit hebdomadaire, et l’on finit mensuel, quand toutefois le tirage n’est pas complètement épuisé. »

Marcel Grancher, écrivain

 

 

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