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Objectif n° 1 : Du sexe avant toute chose

C’est une grande question. Une question qui a fait le tour du monde. Une question qui unit les hommes et les femmes, quelles que soient leur race, leur religion, leur orientation sexuelle. Une question qui fait de chacun de nous, que nous soyons Hillary Clinton ou juste Madame Michu, des citoyens du monde. Et cette question, c’est « où commence la tromperie ? ». Mentir, c’est tromper ? Embrasser, c’est tromper ? Et administrer une vigoureuse fellation, est-ce tromper ?

Ce qui est sûr, c’est que si certains conjoints sont plus tolérants que d’autres (Hillary, vous avez notre respect éternel), passé 16 ans et demi, l’adultère rime davantage avec string panthère qu’avec « je vais te montrer un super herbier qui va te plaire ».

Il y aura bien des articles sur ce site pour vous dire qu’on trompe son conjoint par besoin d’affection ou de considération, mais enfin le signe distinctif des amants n’est- il pas qu’ils s’emboîtent comme des Lego, qu’ils se frottent comme le chiffon d’Aladin sur la lampe du génie, qu’ils se roulent des pelles dont la force giratoire de propulsion aurait pu en leur temps faire parcourir à Saint-Exupéry ou Mermoz la distance Terre-Lune ?

Pour vous le sexe, c’est :

Agréable pour 93 % des Français ; stimulant, 88 % ; réconfortant, 87 % ; vital, 82 % ; risqué, 77 % ; mais également fatigant, 55 % ; frustrant, 39 % ; douloureux, 34 % ; répugnant, 25 % et honteux, 23 % !

Source : Francoscopie, 2003

Quoi qu’en disent les sondages, l’adultère, c’est d’abord une histoire de fesses. Des dures, des molles, des rondes, des velues. La chasse à la demi-lune, c’est ce qui fait tourner la terre. Mais assez joué avec les mots. Parlons peu, parlons bien, parlons cul.

Les folies d’Élodie

Quand Élodie a rencontré Patrick, son mari depuis tant d’années, c’était tous les jours la fête de la braguette. Ils forniquaient comme des lapins, à toute heure du jour et de la nuit. Dans la rue, chez des amis, et même derrière le monument aux morts (ça, ils le regrettent, maintenant qu’on le leur rappelle). On pouvait tout leur pardonner, ils étaient jeunes, fougueux et amoureux. Ils faisaient l’amour même quand l’un des deux n’avait pas très envie. Leur théorie, c’était qu’il ne fallait pas gâcher. Et puis le temps a fait son petit travail de sape. Les contraintes de la vie, les amis, les enfants, les parents, les activités de subsistance et les activités sportives sont devenus autant d’obstacles entre eux et cette satanée braguette. Leur vie sexuelle est peu à peu devenue comme le magicien Gard more à la grande époque. Beaucoup de bonne volonté, mais rarement de lapin dans le chapeau.

Sucer n’est pas jouer

53 % des Français considèrent que la pénétration est indispensable à la qualification de « rapport sexuel ».

Source : sondage BVAIPsychologies, 1999

Quand ce n’est pas le temps qui manque, c’est l’inspiration. Quand ce n’est pas Éloclie qui est trop crevée ou stressée, c’est Patrick. « Le soleil a rendez-vous avec la lune, et comme la lune n’est pas là, le soleil l’attend. » Une attente qui dure, en moyenne une semaine. Impact prévisionnel le samedi vers 9 h 15, heure française, sur la rampe de leur lit. Toujours leur lit. Lumière éteinte ou tamisée, dispositif rodé, préliminaires brefs, imbrication rapide, mode opératoire calibré. Ils savent ce qu’il leur faut et ce qu’il faut à l’autre pour atteindre l’état d’apesanteur. Ils y vont à fond la caisse, comme s’ils visitaient un musée en train de fermer. L’atterrissage est en général agréable. Toujours pareil certes, mais au moins, ils se sont acquittés d’une tâche qui les maintient dans la catégorie des couples qui marchent, puisque rapport hebdomadaire il y a. Elodie peut enfin fermer l’œil, et Patrick retourner à son hobby : la construction d’une réplique de la cour carrée du Louvre en allumettes.

Pour ceux qui auraient trouvé la description trop rapide et peu croustillante, repassons-nous la scène au ralenti. Finalement, les choses ne sont peut-être pas si simples que ça.

A ma gauche, Elodie, prof de sémiologie, femme moderne, superwoman même, mère de famille sur les rotules. Fan de randonnée, d’Umberto Eco et des petits gâteaux Taillefine (gâteaux + Taillefine, vous ne trouvez pas ça bizarre ?). À ma droite, Patrick, dessinateur industriel chez Renault, papa poule, homme moderne qui aime Léonard de Vinci, Tom Clancy, Platini et le Martini. Tous deux sont toujours très amoureux et veulent bien faire.

Les forçats de l’amour

Mais quand Patrick a envie de sa compagne, bien qu’elle soit d’accord sur le principe, Élodie y va sans enthousiasme. Elle trouve que ce n’est plus du tout spontané. Au début, il était romantique. Il avait des stratagèmes. Tout pouvait arriver, partout, à l’improviste. Maintenant pense-t-elle, ce n’est plus de l’amour mais de la logistique. Patrick organise le sexe comme s’il travaillait chez Chronopost. « C’est bon, les enfants sont chez Mamie, le répondeur est sur ON, stores baissés à 70 %, semi pénombre, Kleenex positionnés à côté du lit. »

L’ennui contre-attaque

Vous voulez savoir si votre mari est spontané quand vous faites l’amour ? Quand c’est terminé, demandez-lui l’heure qu’il est. S’il répond avec une précision de plus ou moins 2 minutes, sans regarder le réveil ni sa montre, félicitations… vous venez de coucher avec R2D2.

Heureusement, Patrick est plus rusé que ça. Par exemple, il se force à ne plus regarder le radio-réveil avant de faire l’amour. Mais il met un CD sur la chaîne. Pour Elodie, naïve, c’est un stimulant mignon, c’est sa manière à lui de faire un effort. On ne va pas non plus lui demander d’écrire des poèmes et de se mettre en toge. C’est l’intention qui compte. Alors qu’en réalité, pour Patrick, mettre un CD, c’est juste un moyen de se dire qu’à raison de 3 minutes environ par titre, après la 8, c’est l’heure de partir chez Castro.

Attention, Patrick n’est pas un mauvais amant. Mais il a son petit côté dilettante. C’est un reproche que les femmes font souvent aux hommes, même si elles ne font, elles non plus, pas beaucoup d’efforts. Une fois qu’on a trouvé la position qui marche, pas question de risquer un claquage en déclinant le Kamasoutra. On prend les chemins balisés, on s’économise, on gère ça en professionnel.

Enquête de satisfaction

Dans la plupart des cas, Patrick attend galamment qu’Elodie soit « venue » pour jouir. Il trouve que c’est faire preuve d’un minimum de savoir vivre et de modernité. Élodie, elle, voudrait qu’il se lâche, et qu’il arrête de jouer les robots programmés pour la galanterie sexuelle. Patrick est comme beaucoup d’hommes, victime de son éducation, qui a eu lieu à l’époque du féminisme triomphant.

De temps à autre, Patrick débriefe « C’était ok pour toi, tu voudrais qu’on essaie autre chose ?… et qu’avez-vous pensé de l’accueil, avez-vous d’autres suggestions ? » Service client irréprochable. Le débriefing, nous y reviendrons.

Patrick n’a pas de secret pour Élodie, il lui dit que parfois pour tenir la distance, il se récite la composition de l’équipe de Saint-Étienne en 78, dans les autocollants Panini. Sympa de coucher avec un bonhomme qui pense à Rocheteau et dix autres types en short pendant qu’il vous pilonne comme un Viking.

Et là, stupeur, bien qu’elle soit toute nue enlacée avec son super Patrick, Élodie se demande si leur couple n’a pas dépassé sa date de fraîcheur. Car le sexe est comme une drogue. Au bout d’un moment, même si le plaisir est toujours là, cette extase sympathique mais désormais standard ne vous suffit plus, ce qui signifie que vous allez devoir passer à quelque chose de plus fort. Et plus fort, c’est Denis, l’amant d’Élodie, rencontré sur un site de rencontre adultère.

United colors of infidélité

30 % des Québécoises reconnaissent avoir déjà eu un amant. Les Espagnoles sont 14 %. Les Françaises, 11 %. Les Anglaises, 10%. Nos cousines d’outre-Atlantique seraient- elles plus volages, ou tout simplement plus franches ?

Source : sondage IPSOS/Elle, 1993

La première fois que Denis, un ex-camarade de fac linguiste, a gratifié Élodie de sa ronde de préliminaires, elle s’est presque demandée s’il n’y avait pas eu de malentendu et s’il ne lui donnait pas juste un cours de lecture du braille sur la peau. Et pourtant, tout est clair avec Denis. Avec lui, le temps s’arrête. Denis est un taxi sans taximètre, le lapin Duracell de l’amour. On n’est pas dans son lit, on est dans un pré, dans un amphi, dans une bibliothèque, dans une chambre de bonne prêtée par un ami. On prend des heures pour se câliner avant de s’embrocher comme des cosaques. D’ailleurs, il faut presque poser un RTT chaque fois qu’il propose une sexcapade, tellement les étreintes avec lui sont longues et répétées. Élodie est à nouveau une ado, quinze ou vingt- cinq ans de pratique en plus.

No limits

Le phénomène est d’autant plus pervers que Denis va s’autoriser à essayer des choses nouvelles, des choses que Patrick n’aura peut-être jamais imaginé, ou pas su vendre à Elodie. Entre amants, on se lâche, on s’abandonne. Pas de tabous, pas de rapport de force, rien à prouver, juste du plaisir à partager. Les amants savent que leur relation va peut-être durer moins longtemps qu’une cartouche de toner, alors ils mettent le turbo pour tout vivre plus intensément. Permet- on tout à l’autre pour lui donner un gage d’amour sans limite, pour se venger de son conjoint régulier ou tout simplement parce qu’on n’ose pas dire non ? Dans tous les cas de figure, le résultat est là, et l’herbe vous semble vraiment plus verte qu’à la maison. Est-ce vrai pour autant ? Seul le temps et les botanistes de l’Académie peuvent vous le dire.

Il y a aussi un certain nombre de blocages qui existaient avec Patrick qui vont, avec Denis, passés à la trappe. Finie la sécheresse des muqueuses la veille de l’anniv’ de Belle-maman. Finie l’éjaculation précoce les soirs de match. Il suffit de voir le nom de Denis s’afficher sur l’écran du téléphone portable, et les tétons d’Élodie se dressent vers le levant, comme d’improbables canons de 35 mm sur une frégate en temps de guerre. Belle-maman ou pas, l’heure est à l’abandon. Denis peut débarquer sans craindre les garde-côtes.

L’amant, donc, prend son temps, et, c’est injuste, avec lui, c’est souvent mieux. Non pas qu’il soit forcément meilleur, mais juste parce qu’il est nouveau, et qu’il bénéficie d’un contexte que nous appelons la « faille spatio-temporelle ». Une bulle qui vous protège, vous apaise et vous fait voir la vie en rose.

Attention, on ne peut pas affirmer pour autant qu’en matière d’infidélité, la déception n’existe pas. Ce qu’on appelle trivialement un « mauvais coup » peut vous faire regretter d’avoir grillé une bonne fois pour toutes l’excuse de la vieille mère de votre meilleure amie en piteux état, au chevet de laquelle vous deviez vous rendre immédiatement, sans savoir à quelle heure vous alliez revenir. Mais, de façon provocante, nous aurions presque envie d’écrire que même le mauvais coup vous fait du bien. Ses armes : la fréquence, la vigueur, la clandestinité. Cette clandestinité qui démultiplie les sensations, faisant de vous des personnages de roman, roman au goût de congé maladie et d’hôtel Ibis celtes, que ceux qui veulent se la jouer Docteur Jivago sortent les samovars.

À cet égard, il serait indécent de continuer ce chapitre sans évoquer la règle des trois R.

Connaissez-vous la différence entre un mari et un amant ?

Elle tient en 3 R « Romantique, Raide et Rapide ».

/Romantique, parce que votre amant vous déshabille, alors qu’à la maison, chacun enlève ses vêtements dans son coin.

/Raide, parce que votre amant a une érection dès le seuil de l’hôtel, et que votre mari aurait parfois besoin d’un fakir pour lui mettre à la verticale (surtout les veilles de réunions client).

/Et enfin Rapide, parce qu’avec un mari, pas de préliminaires et une éjaculation rapide, c’est un fiasco, alors qu’avec un amant, c’est « une étreinte fugace et passionnée ».

Honni soit qui mâle y pense

A ce stade de la démonstration, le lecteur assoiffé d’égalité pourrait nous faire remarquer que nous avons mis en avant une femme, Élodie, comme si les femmes étaient les seules à tromper leur mari guidées par le goût de la chair. Pour être tout à fait honnêtes, nous avons également rencontré quelques hommes, qui nous ont avoué, sous la menace, avoir trompé leur femme pour satisfaire leur libido. Loin de nous l’idée d’en tirer des généralités. Penchons-nous juste sur le cas de Mathieu, dans lequel certains se reconnaîtront. S’ils sont trop nombreux, nous louerons le Stade de France.

Mathieu est un conjoint moderne, aimant, en un mot : standard. Il vit depuis trois ans avec Laetitia avec laquelle il a des rapports réguliers (c’est-à-dire hebdomadaires), modernes, aimants, en un mot : standard. Mathieu est un fan de BD, toutes tendances confondues, pourvu qu’au détour d’une page, il y ait des maillots trop petits ou des seins trop gros, des cottes de maille mal taillées, des batailles rangées qui se terminent en batailles de polochons. Mathieu et Laetitia ont installé une partie de leur bibliothèque dans leurs toilettes, tant il est vrai qu’il est agréable de disposer de littérature quand on fait ses offrandes à Dame Nature.

Pénis Elbow

Ce que Laetitia ne sait pas, c’est que quand Mathieu reste un peu longtemps sur son trône, il ne règle pas forcément un problème intestinal, mais plutôt un problème libidinal. Mathieu est comme tous les hommes, il se masturbe fréquemment. Au réveil, sous la douche, devant la télé ou internet, dans les toilettes et même au bureau, Mathieu astique son manche comme un pilote japonais de Zéro avant de fondre sur Pearl Harbor.

La masturbation chez les 18-69 ans

84 % des hommes pratiquent la masturbation (13 % « souvent », 47 % « parfois », et 22 % « rarement »). Seulement 42 % des femmes déclarent en revanche s’être déjà masturbées (6 % « souvent », 21 % « parfois » et 16 % « rarement »).

Source : enquête ACSF (analyse des comportements sexuels en France), 1993

Nous entendons d’ici les lectrices s’exclamer que leur homme à elles, ne fait jamais ça. Mesdames, ce n’est pas parce qu’il ne vous le dit pas qu’il ne le fait pas. Peut-être est- il juste un peu menteur sur les bords. L’homme moderne, aimant, standard se masturbe tant et plus. Dès que vous sortez, dès que vous avez le dos tourné, dès qu’il est hors de votre vue. Certaines pensent encore que l’émission de foot de Canal + passe le samedi à minuit. Si c’est le cas, qu’elles ouvrent l’œil, elles vont être surprises par la nature des ballons.

Peut-être votre homme vous cache-t-il qu’il se masturbe car il ne veut pas vous faire de peine, en vous laissant imaginer que vous ne comblez pas tous ses besoins. Peut-être son éducation judéo-chrétienne lui a-t-elle donné honte de se faire tant de bien, seul avec ses cinq doigts. Toujours est-il qu’il y a toutes les chances que Rémi, votre Rémi, soit lui aussi un masturbateur compulsif.

« Ne te moque pas de la masturbation, c’est faire l’amour avec quelqu’un qu’on aime. » Woody Allen, cinéaste

Or Mathieu aime Laetitia. C’est juste que la nature de sa relation avec sa veuve Poignet (une veuve qui est encore jeune, puisqu’elle n’a que l’âge de sa main) est différente. Quand il se masturbe, Mathieu n’a besoin de penser à personne, à part lui-même. La durée n’est plus corrélée à l’observation du plaisir de l’autre, elle peut obéir à son seul désir. Brut, irréfléchi. Comme une saillie rapide de Laetitia sur la table de la salle à manger, le truc qui arrive de moins en moins souvent, quand on s’est converti à la religion du confort et des préliminaires. Les préliminaires, c’est le truc qui saoule Mathieu. Il voit bien à qui ça sert, mais pas vraiment à quoi.

Rapidité, lenteur, douceur, violence, avec la masturbation, il n’y a plus de menu imposé, tout est à la carte. A la carte également, le type de femme (ou d’homme) sur laquelle il va fantasmer. Elégante ou vulgaire, slave ou asiatique, le pubis forestier ou rasé, seule ou accompagnée : un gigantesque panel de possibilités s’offre à lui. Mathieu trône tel un sultan, au milieu de sa collection de BD sexy, ou de ses revues maladroitement planquées derrière le radiateur. Il couche avec une femme différente tous les jours, et qu’il leur dise « prends-toi ça dans la face, garce, tu l’as bien mérité » ou « maîtresse, mettez-moi au piquet », aucune d’elles ne se plaint.

Votre homme se masturbe : pourquoi il ne faut pas vous inquiéter

  1. Des études scientifiques tendent à démontrer que se masturber régulièrement prévient le cancer de la prostate.
  2. La masturbation permet aux hommes victimes d’éjaculations prématurées de surmonter ce problème, au prix de petits exercices. Elle apporte une meilleure connaissance de soi. Elle offre également un bon substitut à votre conjoint s’il veut parvenir à l’orgasme sans être disposé à déployer l’énergie nécessaire pour faire l’amour avec vous.
  3. Certaines femmes perçoivent la masturbation masculine comme une forme d’infidélité. Énorme erreur : en se masturbant, votre homme assouvit ses fantasmes, sans vous tromper. La masturbation ne diminue pas non plus le désir qu’il éprouve à votre égard (à part si vous l’entreprenez moins de 20 minutes après qu’il se soit « manualisé »).
  4. Se masturber lui permet d’apaiser ses tensions, les sexuelles, et les autres. C’est une soupape lorsque vous n’êtes pas disponible. L’éjaculation l’épuise et le rend inoffensif (utile pour les hyperactifs un peu fatigants).
  5. La masturbation ne présente aucun danger physique ou mental, à part peut-être une petite dépendance si vous rompez complètement le dialogue sexuel. C’est une source de plaisir silencieuse, propre et gratuite (à la différence d’un match de rugby ou d’une compétition de tuning).
  6. Épatez-le avec votre niveau de latin. Masturbation vient de manus stupratio : se souiller avec les mains.
  7. Les principales religions vilipendent ce gâchis de semence. Raison de plus pour affirmer son libre arbitre.
  8. Dans l’Antiquité et au Moyen Âge, on craignait qu’une éjaculation chez un homme adulte équivaille à la perte d’un quart de litre de sang, d’où un réel besoin de s’économiser.
  9. La masturbation n’a été considérée comme une pathologie par des scientifiques un peu charlatans qu’entre le XVIIIe et le début du XXe siècle. Ils favorisèrent le développement d’un interdit moral : masturbation = plaisir, sans reproduction potentielle à la clef = pas bon.
  10. Pour éviter la déliquescence mentale et physique (surdité, syphilis, cancer !), il était conseillé de dormir avec des moufles, voire les mains attachées. On vit même apparaître des appareils pour bloquer les érections nocturnes. Freud et d’autres réhabilitent l’exercice au début du siècle, mais les préjugés sont tenaces.

Passage à l’acte

Malheureusement, un jour, malgré l’immense choix offert à l’homme moderne en matière de presse, de BD, de sites ou de vidéos, sans parler d’une Laetida très méritante, deux maux guettent notre Mathieu :

  • Les ampoules, qu’il peut traiter par de petits pansements ou en se mettant sur pause pour quelques jours (on blague, en la madère, le pénis s’irrite avant la main).
  • L’envie de passer à du sérieux. « Si cette blonde à gros seins du site www.ellesrespirentlintelligence.com me fait tant envie, pourquoi refuserais-je de lier une amitié innocente avec la charmante prof de step du Club Med Gym ? Elle a l’air de penser la bouche ouverte, certes, mais enfin, lui offrir un verre à la fontaine à eau, ce n’est pas encore un péché capital. »

« De temps en temps, une femme est un substitut convenable à la masturbation. Mais bien sûr, il faut beaucoup d’imagination. »

Karl Kraus, écrivain

Par ailleurs, Mathieu se dit que cette prof de sport, peut- être un peu moins cérébrale que sa Laetitia, fan de Rohmer et Mizoguchi, aura ce côté pieds sur terre, brut de fonderie vers lequel ses bas instincts le guident. De la fille qui parle comme un film porno (« prends-moi, mets-la-moi, oublie- moi »), de la fille qui s’abandonne sans rien demander, de la fille qui prend la pose comme elle respire, et qui connaît la position de l’Arc de Triomphe. Dotée d’un promontoire, d’un passage souterrain, d’un sens giratoire, et même d’une flamme pour le soldat inconnu.

Avec Cynthia (elles s’appellent toutes Cynthia), non seulement Mathieu retrouve la cadence de ses vingt ans, mais il vit à fond son fantasme de la femme libérée, un peu facile, qui vous fait la totale en échange d’un gobelet d’eau, d’une conversation sur le dernier Voici ou les programmes télé de la veille. Et la Cynthia, ça se collectionne. Si on a déjà la rousse, on est attiré vers la petite, à moins que la métisse ou celle à faux seins vous fasse alors de l’œil.

Le collectionneur

Quand un homme trompe sa femme, il répond non seulement à un besoin d’évasion et de liberté, mais aussi à une tentation de collectionner. Toujours inquiet que son partenaire du moment soit le dernier, il s’autorise, en étant infidèle, à rouvrir le score. Ventre musclé, fesses fermes, peau cuivrée, il les lui faut toutes. Comme les hommes du major Boyington  dans les Têtes brûlées, à chaque succès, il peut peindre un petit drapeau sur sa carlingue.

Mesdames, jeunes, libérées, entreprenantes, ou tout simplement modernes, aimantes, standard, ces filles représentent la MENACE. Bichonnez votre mari (sans trop lui mettre la pression), faites-lui la totale, et ne le lâchez plus d’une semelle, même dans le vestiaire des garçons, si vous voulez tenter de l’empêcher de laisser se matérialiser son fantasme et de voir se matérialiser, sur votre brushing, des cornes de cinq mètres.

« Mesdames, un conseil : si vous cherchez un homme beau, riche et intelligent… prenez-en trois. »

Coluche, humoriste

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